Parpaing 15 cm ou 20 cm : quelle différence et lequel choisir ?

La différence entre un parpaing de 15 cm et un parpaing de 20 cm tient à l’épaisseur du bloc : le 15 cm convient aux cloisons intérieures et aux ouvrages peu chargés, le 20 cm est la référence pour les murs porteurs, les façades et toute construction soumise à des charges importantes.
Dans cet article, j’examine les deux types de blocs en détail : leurs usages respectifs, leurs limites, les règles de hauteur à respecter, un tableau comparatif et les erreurs que je rencontre le plus souvent sur le terrain.
Ce qu’il faut retenir tout de suite
Sur le terrain, je vois souvent des particuliers choisir leurs parpaings uniquement selon le prix au bloc, sans se poser la question de l’usage final du mur. C’est l’erreur que je veux corriger dès le départ.
Le critère déterminant n’est pas le budget, c’est la fonction du mur. Un parpaing de 15 cm répond aux besoins d’une séparation légère ou d’un muret de jardin. Un parpaing de 20 cm est requis dès que le mur porte une charge, constitue une façade ou est exposé aux intempéries. Ce seul point guide 80 % du choix.
Le parpaing de 15 cm, c’est quoi exactement ?
Le parpaing de 15 cm est un bloc de béton creux dont la largeur nominale est de 150 mm. Ses dimensions standards sont généralement 50 cm de longueur et 20 cm de hauteur, ce qui en fait un bloc maniable, rapide à poser et moins lourd que son grand frère.
Ce type de bloc est préconisé pour les cloisons intérieures non porteuses, les murs de refend légers ou les murets de jardin d’une faible hauteur. Son coût unitaire est inférieur au 20 cm, et il s’intègre facilement dans les petits projets d’aménagement ou de bricolage.
En revanche, son isolation thermique est limitée et sa résistance aux charges latérales : vent, poussée de terre : ne suffit pas pour un mur extérieur ou un soubassement. Utiliser du 15 cm à la place du 20 cm pour une façade, c’est économiser quelques centimes par bloc pour payer beaucoup plus en reprises et en isolation ensuite.
Le parpaing de 20 cm : quand devient-il indispensable ?
Avec ses 200 mm de largeur nominale, le parpaing de 20 cm offre une résistance mécanique nettement supérieure et une inertie thermique bien meilleure. Ces deux caractéristiques sont décisives pour la construction d’une maison ou d’un bâtiment exposé aux éléments.
Je vous conseille de l’utiliser systématiquement pour les murs porteurs extérieurs, les murs de soubassement, les caves et les constructions situées en zone sismique ou exposée au vent fort. La réglementation thermique RE2020 pousse d’ailleurs vers des enveloppes plus épaisses, et le parpaing de 20 cm y répond bien plus naturellement que le 15 cm.
Son prix est légèrement plus élevé, environ 20 à 30 % de plus par bloc, mais cet écart est souvent compensé par une meilleure performance globale et des économies sur le doublage isolant.
Parpaing de 15 cm ou 20 cm : le comparatif en un coup d’œil
| Critère | Parpaing 15 cm | Parpaing 20 cm |
|---|---|---|
| Largeur nominale | 150 mm | 200 mm |
| Usage principal | Cloisons, murets légers | Murs porteurs, façades |
| Résistance mécanique | Modérée | Élevée |
| Isolation thermique | Faible | Meilleure |
| Prix moyen HT / bloc | 0,70 : 1,20 € | 0,90 : 1,50 € |
| Poids moyen / bloc | ~9 kg | ~12 kg |
| Zone sismique | Déconseillé sans renfort | Adapté avec chaînages |
Hauteur maximale sans renfort : les règles à connaître
C’est un point que beaucoup sous-estiment. Un mur en parpaing de 15 cm non renforcé ne doit généralement pas dépasser 2,50 m de hauteur libre entre deux niveaux, selon les DTU applicables. Pour le parpaing de 20 cm, la tolérance est légèrement supérieure, mais un chaînage horizontal et vertical reste obligatoire aux jonctions avec les planchers et en couronnement.
Ce que je constate le plus souvent sur les chantiers, c’est l’absence de chaînage d’angle ou de chaînage de refend, pourtant imposé par les règles de construction françaises. Ce détail coûte peu mais il fait toute la différence en cas de tassement différentiel ou de sollicitation sismique.
Ma règle pratique : au-delà de 3,50 m de hauteur, je recommande de consulter un bureau d’études structure, quelle que soit l’épaisseur du parpaing. C’est une dépense modeste face aux risques d’un ouvrage sous-dimensionné.

Les fondations : l’élément qu’on néglige trop souvent
Choisir son type de parpaing sans penser aux fondations revient à choisir ses pneus sans vérifier le châssis. Chaque type de bloc implique des fondations adaptées à la charge transmise au sol.
Un mur porteur en parpaing de 20 cm repose idéalement sur une semelle filante dimensionnée selon la nature du terrain. Une semelle trop étroite ou insuffisamment profonde annule tous les bénéfices du bloc plus épais. Avant de commander vos matériaux, vérifiez la portance de votre sol.
Si vous lancez un projet de construction, je vous recommande aussi de consulter la liste noire des constructeurs de maison pour écarter les prestataires peu sérieux avant de signer le moindre contrat.
Réglementation : ce qu’on oublie de vérifier
Avant de commander vos blocs de béton, plusieurs points réglementaires méritent d’être vérifiés. Les parpaings doivent être conformes à la norme NF EN 771-3. Les constructions en zone sismique obéissent aux règles PS-MI, qui imposent des armatures et des chaînages supplémentaires, particulièrement contraignants pour le 15 cm.
- Vérifiez la classe de résistance du bloc (B40, B60, B80) selon l’usage prévu
- Contrôlez l’indice de résistance thermique si vous visez la RE2020
- Demandez le PV de conformité du lot à votre fournisseur
- Renseignez-vous auprès de votre mairie sur les règles du PLU concernant l’épaisseur des murs en façade
Pour les autres postes du chantier, la logique est la même : comparer performance et coût global plutôt que le prix à l’unité. C’est vrai aussi pour la couverture : le prix au m² d’une toiture bac acier suit exactement ces mêmes critères de choix.
Mes erreurs pour que vous ne les fassiez pas
J’ai accompagné des chantiers où des parpaings de 15 cm avaient été utilisés pour des murs de façade, simplement parce qu’ils étaient disponibles immédiatement chez le fournisseur. Résultat : des reprises coûteuses en isolation, des problèmes d’humidité en hiver et une conformité thermique impossible à atteindre sans travaux supplémentaires.
Autre erreur fréquente : commander les blocs sans devis comparatif entre plusieurs fournisseurs. Le prix varie selon les volumes, les régions et les enseignes, parfois du simple au double. Prendre le temps de comparer économise souvent plusieurs centaines d’euros sur une construction standard, sans aucun compromis sur la qualité.
Foire aux questions
Peut-on utiliser un parpaing de 15 cm pour un mur extérieur ?
Techniquement oui, sous conditions strictes : doublage isolant intérieur obligatoire, chaînages conformes aux DTU, et usage limité aux murs non porteurs. Pour une façade de maison individuelle neuve, le parpaing de 20 cm reste la référence en 2026 et répond bien mieux aux exigences de la RE2020.
Le parpaing de 20 cm est-il vraiment plus cher au final ?
Pas nécessairement. Le surcoût au bloc est réel, mais largement compensé par une isolation de base plus performante, moins d’armatures supplémentaires à prévoir et une durabilité accrue. En coût global sur 20 ans, le 20 cm s’avère souvent plus économique que le 15 cm avec doublage intégral.
Quelle épaisseur pour un muret de jardin ?
Pour un muret de moins de 1 m de hauteur sans poussée de terre, le parpaing de 15 cm suffit largement. Au-delà, ou si le muret retient de la terre, passez au 20 cm et prévoyez des barbacanes pour l’évacuation des eaux de ruissellement.
Comment choisir si on est non-professionnel ?
La règle simple que j’applique : mur porteur ou façade extérieure, choisissez le parpaing de 20 cm minimum. Cloison intérieure ou séparation légère, le parpaing de 15 cm est suffisant. En cas de doute, un bureau d’études structure vous donne un avis fiable en quelques heures, pour un coût très modeste face à l’enjeu de sécurité de votre ouvrage.


